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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 13:02

Venez participer à la conférence que j’organise, mardi 6 septembre à Paris, avec le 9ème Forum International Convergences (www.convergences.org) et la Coordination Humanitaire et Développement (www.c-hd.org) sur la suite à donner au Sommet Humanitaire d’Istanbul.

Cette conférence se déroulera dans le grand auditorium au Palais Brongniart à Paris 2ème, de 11h45 à 13h15, avec un très beau panel d’intervenants dont je serai le modérateur (Nicolas Borsinger, Pauline Chetcuti, Rezaul Chowdhury, Philippe Jahshan, Frédéric Roussel, Claus Sorensen). Vous trouverez ci-dessous les informations nécessaires.

Lors de cette conférence, nous allons nous poser des questions simples et essentielles, si ce n’est existentielles !

Le diagnostic initial du Sommet Humanitaire Mondial (SHM) d’Istanbul sur les limites du « système humanitaire actuel », qui ne parviendrait plus à répondre aux besoins humanitaires, est-il valide, suffisant, incomplet ? Pourquoi certains acteurs sont-ils réticents ou ont-ils boycottés le SHM ?

Que faut-il penser des recommandations d’Istanbul et que manque-t-il d’important ? L’ONU est-elle en mesure de piloter les changements et évolutions nécessaires ? Quels engagements les acteurs humanitaires doivent-ils prendre de toute façon ? N’y a-t-il pas un risque de confusion exacerbée entre humanitaire et politique ?

Je veux ici rappeler que les ONG humanitaires n’ont attendu personne au départ pour lancer leur action. Pour beaucoup d’entre elles, elles sont même nées en rupture avec le système humanitaire de l’époque. Elles se sont construites dans les crises en lien avec les populations en danger. Si la coordination des acteurs et le partenariat avec les institutions génèrent à priori plus d’efficacité collective, ce n’est pas une raison pour rationaliser la dépendance, l’affadissement et finalement la fonctionnarisation des humanitaires !

Si personne n’a le monopole de l’humanitaire et de la vérité, chacun peut y contribuer activement ! Alors, mettons la barre très haut, l’humanitaire en le plus grand besoin et c’est le moment !

Voilà ci-dessous le programme de la conférence à laquelle je vous invite, sachant que les places au Forum Convergences sont payantes pour financer les coûts de celui-ci. Je vous promets sous peu et ici-même un point complet sur cette conférence. En attendant, n’hésitez pas à partager cette nouvelle et à me dire ce que vous pensez.
 

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PROGRAMME DE LA CONFERENCE FORUM CONVERGENCES
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Mardi 6 Septembre 11h45- 13h15.
Grand auditorium Palais Brongniart. 28, place de la Bourse Paris 2ème

Post Sommet Humanitaire Mondial : quelles leçons, quelles perspectives ?
1. Le diagnostic initial du Sommet Humanitaire Mondial (SHM) sur les limites du « système humanitaire actuel qui ne parvient plus à répondre aux besoins » est-il valide ou discutable ?
2. Que faut-il penser des principales recommandations du SHM ? Que manque-t-il d’important ?
3. L’ONU est-elle en mesure de piloter les changements et évolutions nécessaires et/ou comment procéder ? Peut-on craindre  des risques d’enlisement ?
4. Quels engagements les acteurs humanitaires présents proposent-ils de prendre pour améliorer concrètement l’action humanitaire ?

Intervenants :
Nicolas BORSINGER. Président, Voluntary Organisation in Cooperation in Emergencies (VOICE)
Pauline CHETCUTI. Responsable Plaidoyer et Policy Humanitaire, Action contre la Faim
Rezaul CHOWDHURY. Fondateur et Directeur général, COAST & Membre fondateur, Réseau NEAR
Philippe JAHSHAN. Président, Coordination SUD
Frédéric ROUSSEL. Co-fondateur, ACTED & Président, Convergences
Claus SØRENSEN. Ancien Conseiller senior pour la résilience, l’aide humanitaire et la réponse de crise, Centre européen de stratégie politique

Modérateur :
Alain BOINET. Fondateur, Solidarités International & Président, Coordination Humanitaire et Développement (CHD) & Administrateur, Coordination SUD & Administrateur, Convergences
Published by Alain Boinet
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 16:26

Ma tribune, publiée sur le site huffingtonpost.fr le 11/07/2016
 

(Photo) Au Liban avec des réfugiés syriens
Brexit or not Brexit, le Royaume Uni consacre 0,7% de son RNB à l'aide publique au développement, dont 12% par l'intermédiaire des ONG, soit 1,5 milliard d'euros, contre 0,37% pour la France dont guère plus de 100 millions d'euros via les ONG, une misère! Comme on dit, il n'y a pas photo et j'avoue être gêné de l'écrire, si ce n'est pour chercher à conjurer l'avenir !

Pourtant le Royaume-Uni et la France sont des pays comparables. Alors ou est le problème ? Pourquoi une telle différence...

Il se trouve que j'ai du respect pour l'Etat et que je crois qu'il a toujours un rôle majeur à jouer dans les désordres de la mondialisation et des crises. Mais disons-le, en France l'Etat n'est malheureusement pas à la hauteur dans ce domaine, compte tenu de ses responsabilités internationales.

Aussi, et je dis cela en toute indépendance, je crois que nos hommes politiques et nos hauts fonctionnaires n'ont toujours pas saisi la forte plus-value du partenariat avec la société civile et les ONG face aux défis humanitaires et du développement.

En France, les ONG humanitaires n'ont pas attendu l'Etat pour agir, et l'essentiel de leurs ressources provient du soutien du public, des coopérations nationales d'autres pays, de la Commission Européenne et des agences de l'ONU qui les considèrent comme des partenaires sérieux et efficaces. Mais les ONG françaises sont pour la plupart structurellement contraintes dans leur action internationale par la faiblesse du soutien des pouvoirs publics.

Mais, sous la pression des crises au Sahel, au Proche-Orient et des rapports de l'OCDE, il y a peut-être comme un frémissement, une sorte de prise de conscience qui pourrait être salutaire!

J'ai récemment entendu André Vallini, Secrétaire d'Etat chargé du Développement et de la Francophonie, constater que la France n'était pas à la hauteur à ce sujet et qu'elle devrait figurer dans le peloton de tête. C'est lucide et courageux.

Nous avons aussi entendu le nouveau directeur de l'AFD, Rémy Rioux, annoncer un renforcement de l'agence, une volonté de renouveler le partenariat et de se doter de nouveaux outils, de saisir les occasions d'une logique dynamique. C'est un signal positif.

Le Président de la République s'est engagé à la tribune des Nations unies en septembre 2015, en marge du Sommet spécial sur le développement durable, à relancer la politique de développement en augmentant le budget de 4 milliards d'euros en prêts et 370 millions en dons d'ici 2020. Le budget de l'AFD passerait ainsi de 8 à 12 milliards d'euros. Mais cela se réalisera-t-il vraiment, et comment?

Ces engagements et d'autres questions cruciales sont d'ores et déjà à l'ordre du jour du prochain CICID (Conseil interministériel pour la coopération internationale et le développement) qui devrait avoir lieu au mois d'octobre.

Ce CICID sera précédé par une réunion du CNDSI (Conseil national du développement et de la solidarité international), dont je suis membre pour Solidarités International, parmi une cinquantaine de représentants de la société civile, dont une quinzaine de responsables d'ONG.

C'est le moment pour les ONG de se faire entendre comme il convient et de faire des propositions en cette période qui précède les élections présidentielles qui auront lieu maintenant dans 9 mois!

C'est ce que j'ai dit à André Vallini et Rémy Rioux lors de l'Assemblée Générale de Coordination Sud avec la CHD (Coordination Humanitaire et Développement): "Vous venez d'être nommés et le temps vous est compté avant les élections, alors plutôt que de subir ce calendrier, faites-en un avantage pour emporter les décisions qui s'imposent en matière d'APD et de partenariat avec les ONG".

C'est le moment ou jamais!

>Le Forum Mondial Convergences 2016 se tiendra les 5, 6, 7 septembre à Paris.
>Accéder à l’article en ligne sur le site huffingtonpost.fr

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Je vous conseille cet ouvrage de Philippe Ryfmann : Une histoire de l’humanitaire
 


Nouvelle édition entièrement refondue et mise à jour.
Collection Repères Sciences Politiques/Droit n°522


>En savoir plus

 


 

 

 

 

 

 

Published by Alain Boinet
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 11:19


Le Sommet humanitaire mondial (SHM) s’est tenu à Istanbul du 23 au 24 mai 2015. Organisé à l’initiative de Ban Ki-Moon, il a mobilisé tous les acteurs de l’aide d’urgence. Si ce sommet est une première, c’est surtout un défi pour réformer le système humanitaire mondial face à des crises et des besoins humanitaires qui augmentent de façon exponentielle.

Conçu comme un sommet pluriacteur, le SHM a réuni des acteurs aux responsabilités diverses : ONU, États, ONG, collectivités, secteur privé. Très vite, les ONG se sont mobilisées (...) 
> LIRE LA SUITE (pages 2 & 3 du PDF)


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A VENIR. (RE)SOURCES, Les Matinales / mardi 21 juin, collège des Bernardins, Paris (8h30-10h00)

"Comment associer les habitants des quartiers informels à l’accès aux services essentiels ?"

Débat avec Laure Criqui, chercheure en développement urbain international à l'IDDRI et présidente du réseau Projection et Philippe de Roux, co-fondateur de l’ONG Eau&Vie.
Animé par Guillaume Josse, urbaniste et géographe et directeur du groupe Huit

>S’INSCRIRE

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 10:36

GEOPOLITIQUE, LE DEBAT - L'humanitaire en question
Par Marie-France Chatin

Lundi 23 mai 2016, s’ouvre à Istanbul le Sommet Mondial sur l’Action Humanitaire, premier du genre. Ces dernières années ont vu les situations de crise se multiplier dans un contexte de financements insuffisants, de structuration des sociétés civiles, et d’un certain refus de l’ingérence internationale dans la résolution des problèmes nationaux. Regard sur les enjeux du Sommet et les défis auxquels l’action humanitaire est aujourd’hui confrontée.


Invités :
- Anne Hery, directrice du Plaidoyer et des Relations institutionnelles à Handicap International
- Claus Sorensen, conseiller auprès du président de la Commission Européenne, pour l’aide humanitaire, les réponses aux crises, la résilience.
- Alain Boinet, fondateur de Solidarités International.

>Réécouter l’émission "Géopolitique le débat" de Marie France Chatin

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 11:53

Le Président de la République fera une déclaration au Salon des Solidarités, jeudi 19 mai à 17h, porte de Versailles à Paris, lors d’une conférence sur le Sommet Humanitaire Mondial qui a lieu à Istanbul les 23 et 24 mai. Un débat aura lieu sur place auparavant avec les ONG, des journalistes et un compte-rendu sera présenté au chef de l’Etat avant son intervention.

Ce rendez-vous avec le Président de la République, qui sera accompagné par André Vallini, Secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, est pour nous l’occasion de l’entendre sur la position et les propositions de la France pour ce Sommet, mais également de lui faire part des questionnements et des propositions de 12 ONG humanitaires (1) avec Coordination Sud face aux enjeux et défis immenses auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Solidarités International participera au Sommet d’Istanbul pour débattre avec les acteurs présents, partager ses positions et promouvoir des engagements collectifs.

MSF a décidé de renoncer à y participer mettant en cause très justement les restrictions inacceptables de certains Etats à l’accès aux victimes, ou la faiblesse de leur réponse face à des crises sanitaires comme Ebola. Sans parler de la « véritable épidémie d’attaques contre les structures de santé », de la Syrie au Yémen, comme l’a souligné le Dr Jeanne Liu, président de MSF international.

Si l’intention principale affichée par les Nations-Unies est d’améliorer l’efficacité de l’aide humanitaire, il est prématuré d’en annoncer d’emblée le succès. Il faudra le démontrer. Nous en tirerons les conclusions ensuite. Il nous faut donc être extrêmement vigilants, exigeants et être force de proposition, d’action et, éventuellement, d’alternative.

Nous espérons que ce Sommet sera aussi pour notre pays l’occasion de se mettre au niveau des autres pays de l’OCDE en matière d’aide humanitaire internationale et de partenariat avec les ONG.

Les humanitaires ont depuis une trentaine d’années influencé positivement les institutions et les politiques. Mais cela est-il toujours le cas ? N’est-ce-pas plutôt le contraire qui est en train de se produire et d’engendrer bureaucratisation et conformisme ! Vous trouverez, dans le dernier numéro de la revue de l’ENA hors les murs, un article « De l’action humanitaire à l’influence politique » qui en retrace l’histoire, qui en souligne la nécessité toujours actuelle et qui interpelle le Sommet humanitaire mondial sur ses capacités à relever les défis.

Si vous voulez participer à cette Conférence avec le Président de la République jeudi 19 mai au Salon des Solidarités Porte de Versailles à Paris, il est indispensable de disposer d’une invitation que nous pourrons vous adresser à votre demande à cette adresse : alainboinet.blog@gmail.com

(1) ONG signataires : Acted, Action contre la Faim, ALIMA, CARE, Handicap International, MEDAIR, Médecins du Monde, Première Urgence Internationale, Secours Islamique France,Solidarités International, SOS Villages d’Enfants, Triangle GH. 

Nous ajouterons ici même dans les jours à venir des informations complémentaires sur le Sommet Humanitaire Mondial dont le communiqué de presse du Salon des Solidarités et le document commun des ONG humanitaires françaises.

>Lire le communiqué de presse du Salon des Solidarités pour la conférence sur le Sommet Humanitaire Mondial avec le Président de la République le 17 mai

>Lire le communiqué de presse de Coordination Sud sur le Salon des Solidarités et le Sommet Humanitaire Mondial


>Lire l'article "de l'action humanitaire à l'influence politique" publié dans le revue l'ENA Hors les murs, avril 2016, n°459

>13 ONG et Coordination Sud prennent position au Sommet Humaniatire Mondial : Lire le Communiqué

Published by Alain Boinet
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 06:53

Vous imaginez ma surprise quand on m’a proposé pour recevoir un Prix de l’humanitaire à Moscou, moi qui ait débuté en Afghanistan envahi par les troupes soviétiques (1979-1989) ! Pas évident avec un Président Russe qui regrette la disparition de l’URSS ou, plus certainement, de sa grandeur !

C’est dire l’indépendance du journal et de la rédaction du Courrier de Russie qui a remis 7 Prix (littéraire, journalisme, artiste, réalisateur, humanitaire et Prix d’honneur) à 6 russes et à un français. Cette liberté d’esprit du « Prix Cyrano », vous apprécierez la référence, est bien illustrée par la personnalité des lauréats russes qui sont remarquables et qui représentent bien les critères du Prix d’une réflexion indépendante, de fidélité à soi-même et d’intégrité de conscience.

C’est un mélange de nouvelle Russie, de soviétisme sur fond de Russie éternelle que j’ai eu la chance de découvrir en recevant ce Prix de l’humanitaire qui honore moins qu’il n’oblige à assumer ses engagements. D’autant que le lauréat humanitaire de l’année dernière était Xavier Emmanuelli, président du SAMU social qui est actif à Moscou, et l’un des fondateurs de Médecins Sans Frontières.

Un Prix pour les humanitaires, c’est rare !

Je tiens beaucoup à dédier ce Prix, comme je l’ai dit lors de sa remise, à chacun des membres de l’ONG Solidarités International (www.solidarites.org) qui depuis maintenant 36 ans se battent sur tous les fronts pour secourir les populations en danger et les accompagner à sortir de ces crises. Ce Prix leur revient et je suis l’un d’entre eux.

Je vous invite à voir les vidéos de présentation des lauréats Guzel, Vitali, Semion, Gavkhar, Sevil qui donnent une idée de la Russie d’aujourd’hui car, ce qui frappe, c’est la différence de perception que l’on a de ce pays chez nous et les réalités riches, diverses et attachantes que l’on y découvre sur place.

Et comment comprendre les événements majeurs dans lesquels ce pays est impliqué, comme c’est le cas en Syrie et en Ukraine, sans une meilleure compréhension de la Russie et de ses citoyens. Le Courrier de Russie est associée à plusieurs initiatives (édition, chambre de commerce et d’industrie France Russie,…), dont L’Observatoire franco-russe qui publie un remarquable Rapport annuel sous la direction d’Arnaud Dubien aux Editions du Cherche Midi.

C’est tout l’intérêt du journal « Le Courrier de Russie », dont je vous recommande la lecture et qui est un bimensuel franco-russe d’actualité avec Ina Doulkina, pour rédactrice en chef et pour directeur général, Jean Félix de la Ville Baugé qui, avec sa femme Marie, connaissent bien l’humanitaire pour l’avoir pratiqué de nombreuses années au Cambodge, au Soudan, en Tchétchénie et au Daghestan.

Après ce Prix, on m’a demandé de faire une conférence sur l’humanitaire « à l’épreuve des balles » dans les situations de conflit dont vous trouverez la vidéo complète ci-dessous. Il y est surtout question de l’expérience et des leçons apprises en Afghanistan, Rwanda, Bosnie, RDC,…des processus de radicalisation, de l’implacable logique de guerre et du risque d’effet domino entre pays voisins, de la responsabilité des Etats qui s’en mêlent. Bref, tout l’enjeu quotidien de l’impartialité des secours, de l’indépendance des humanitaire quand ceux-ci sont confrontés aux fracas de la géopolitique en guerre.

> Voir la vidéo présentant les 7 lauréats des Prix du Courrier de Russie
> Voir la vidéo de la remise des prix
> Voir la vidéo de la conférence « L’humanitaire à l’épreuve des balles » (55 mn)
> Accéder au site du journal Le Courrier de Russie

Published by Alain Boinet
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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 14:00

Interview publiée dans Le Courrier de Russie, jeudi 31 mars 2016

Mardi 5 avril, Alain Boinet, fondateur de l’ONG humanitaire Solidarités International, présente dans 20 pays, donnera, dans le cadre des Mardis, une conférence sur le thème « Afghanistan, Ukraine, Syrie… : les idéaux humanitaires à l’épreuve des balles ». Rencontre.

 

Le Courrier de Russie : Comment avez-vous décidé de vous consacrer à l’humanitaire ?

Alain Boinet : En 1980, j’étais directeur de la communication d’un grand groupe international à Paris. Puis, j’ai voulu m’engager dans une action utile aux autres, et j’ai commencé à voyager en Syrie et au Liban, pays qui connaissait déjà une guerre interne. J’ai voyagé également en Amérique du Nord, envisageant, à ce moment-là, de devenir grand reporter. Et à la fin de cette année 1980, lorsque nous sommes partis, avec quelques amis, apporter des secours aux populations touchées par la guerre en Afghanistan, j’ai finalement décidé de me consacrer à l’action humanitaire.

LCDR : Comment faisait-on de l’humanitaire, à l’époque ?

A.B. : Lors de ce voyage, nous avons franchi clandestinement la frontière afghane depuis le Pakistan et marché pendant des semaines pour atteindre les villages bombardés. Nous distribuions de petites sommes d’argent directement aux familles afghanes dans le besoin.

Nous n’avons alors été qu’une poignée, avec des médecins de Médecins sans frontières, à prendre le risque de traverser la frontière – sans autorisation, sans visa, sans soutien officiel et à nos risques et périls, pour aller porter secours aux populations au cœur du conflit en Afghanistan.

On nous prenait, au mieux, pour des idéalistes ou des aventuriers, car à l’époque, l’aide internationale s’arrêtait aux réfugiés qui se trouvaient au Pakistan et en Iran. Les organisations humanitaires n’intervenaient qu’avec l’accord des États ou des forces qui contrôlaient le territoire.

LCDR : Comment l’action humanitaire a-t-elle évolué ?

A.B. : Nous avons parcouru le monde pendant dix ans afin de promouvoir notre conception de l’aide humanitaire sans frontières, avant qu’une véritable révolution ne s’opère au point de modifier également les relations internationales.

Aujourd’hui, malgré les difficultés, il n’existe plus de territoires ou populations qui soient totalement fermés ou inaccessibles. Les associations humanitaires sont présentes même en Corée du Nord – un des pays les plus fermés du monde –, en Somalie ou au Soudan. Et l’aide humanitaire internationale s’est, par nécessité, systématisée et diversifiée.

LCDR : Quelles leçons tirez-vous, après avoir passé plus de trente ans dans l’humanitaire ?

A. B. : Un humanitaire doit avant tout être en empathie et en lien avec le malheur des êtres humains en danger. L’expérience m’a appris que l’essentiel est d’être proche des populations et de leurs représentants, tout en restant lucide et indépendant.

L’aide humanitaire obéit à trois principes fondamentaux : ceux d’humanité, d’impartialité et d’indépendance. Le principe de l’impartialité signifie que les secours sont apportés en réponse à des besoins vitaux, sans aucune considération politique, ethnique, religieuse ou autre.

Dans les pays en guerre, nous sommes confrontés à des combattants appartenant à des camps opposés, dont certains sont des bandits ou des criminels. Cependant, pour accéder aux populations en danger, nous devons parler avec tout le monde, ce qui n’est possible que si les forces en présence nous considèrent comme extérieurs au conflit.

LCDR : N’est-ce pas difficile d’être en empathie avec les populations en danger sans prendre parti ?

A. B. : L’aide humanitaire, c’est prendre parti. C’est être du côté des victimes, des personnes en danger et il s’agit d’un combat sans fin. Mais le couple empathie-neutralité n’est effectivement pas facile à vivre, et le plus complexe est de comprendre la logique d’un conflit, de le voir se dérouler et de secourir les uns et les autres en attendant que cesse la violence.

Quand vous êtes sous des bombes qui tuent des innocents, la tendance naturelle est d’être solidaire. En Afghanistan, par exemple, j’avais réellement l’impression d’être dans la résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant ne jamais ressentir aucune haine envers les soldats soviétiques, et sans jamais confondre communisme et Russie. Depuis 15 ans et encore aujourd’hui, l’armée américaine et l’OTAN sont présentes en Afghanistan, où nous sommes toujours actifs.

LCDR : Jusqu’où cet équilibre est-il supportable quand on est face à un génocide – au Rwanda, par exemple ?

A.B. : La réponse à cette question relève de la responsabilité personnelle. Il faut faire un choix et se dire qu’il y a mille et une façons d’aider et de protéger une population.

Parfois, notre simple présence, notre attention et nos convictions suffisent à sauver des gens. Nous pouvons également faire passer des messages, des informations, des contacts et témoigner des tragédies dont nous sommes témoins. Mais c’est certain : on n’arrête pas un génocide avec des humanitaires.

LCDR : Quelles sont aujourd’hui les urgences humanitaires les plus importantes à travers le monde ?

A.B. : Solidarités International est active dans 20 pays confrontés à l’urgence, qu’il s’agisse des pays du Sahel, comme le Mali, la Centrafrique ou la Somalie, ou du Proche-Orient avec la guerre en Syrie. Ce pays, sur une population de 22 millions d’habitants, compte 4,8 millions de réfugiés et 7,6 millions de déplacés internes.

Mais l’urgence humanitaire, c’est aussi l’eau insalubre et les maladies qu’elle propage, qui tuent chaque année 2,6 millions d’êtres humains, dont un grand nombre d’enfants. Il s’agit d’une véritable hécatombe silencieuse qui fait plus de victimes que les guerres, le sida ou le cancer réunis. Depuis dix ans, Solidarités International a donc fait de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sa priorité absolue.

LCDR : À quels défis l’aide humanitaire internationale doit-elle faire face aujourd’hui ?

A.B. : Nous sommes confrontés à une croissance exponentielle des besoins humanitaires dans le monde.

En 2014, les conflits ont entraîné le chiffre record de 60 millions de réfugiés et déplacés. Nous constatons aussi que les catastrophes sont plus nombreuses et affectent des populations plus variées, dans un monde qui comptera entre 9 et 10 milliards d’êtres humains en 2050. Le seul continent africain va passer d’un à deux milliards de personnes, avec une prééminence de la génération des moins de 20 ans.

Le constat des humanitaires internationaux aujourd’hui est que nous arrivons de moins en moins à répondre à tous les besoins des populations affectées par des guerres et des catastrophes. Le développement est une question humanitaire et géopolitique urgente, et nous avons un vélo pour courir derrière un TGV.

LCDR : Comment l’aide humanitaire internationale doit-elle évoluer face à ces défis ?

A.B. : Le système humanitaire international doit aujourd’hui se remobiliser, réfléchir pour gagner en efficacité et mobiliser plus de soutien. L’urgence est là, il nous faut l’assumer. Dans ce cadre, Istanbul accueillera, les 23 et 24 mai prochains, le premier Sommet humanitaire mondial, organisé par le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon. Les participants – des représentants étatiques, des ONG, des collectivités, des entreprises du secteur privé, les agences des Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge – réfléchiront à la façon de gagner collectivement en efficacité en améliorant les partenariats entre les divers acteurs et aux moyens de mobiliser des ressources financières supplémentaires indispensables.

Par ailleurs, les États doivent prendre des engagements, notamment pour mieux prévenir les conflits ou les régler pour éviter qu’ils ne dégénèrent, s’étendent ou se perpétuent.

LCDR : Que pensez-vous de la façon dont les autorités européennes gèrent ce qu’on appelle aujourd’hui la « crise des réfugiés » ?

A.B. : Sans entrer dans des considérations politiques, je trouve que les pays d’Europe et l’Union européenne ne sont pas à la hauteur des défis. Nous sommes dépassés par les événements alors que ces guerres en Syrie et en Irak ont des conséquences désastreuses pour ces populations et affectent les pays qui accueillent les réfugiés et les migrants, menaçant les relations intra-européennes.

L’Europe agit comme si le Proche-Orient se trouvait à l’autre bout du monde alors qu’il est à nos portes, que nous sommes voisins. Au printemps 2015, les budgets pour secourir les réfugiés syriens ont baissé, notamment en Jordanie ou au Liban. Ces coupes dans les budgets sont irresponsables et se ressentent sur le terrain.

Les membres de l’Union européenne manquent de stratégie au Proche-Orient et n’assument leurs responsabilités ni historiques, ni politiques, ni humanitaires. L’Europe, ce continent prospère et en paix, a pris de mauvaises habitudes : elle ne se rend pas compte que le reste de la planète ne vit pas comme elle et qu’il lui faut se préoccuper des affaires de ce monde qui nous rattrapent déjà et pourraient engendrer le chaos.

La conférence d’Alain Boinet se tiendra le mardi 5 avril dans les locaux du Courrier de Russie, à Moscou, rue Milioutinski 10/1, salle de conférences du 1er étage, métro Loubianka ou Tchistye Proudy.

Entrée gratuite.

Conférence en français, organisée en partenariat avec l’agence de voyages Tsar Voyages et suivie d’un apéritif

 

Published by Alain Boinet
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 13:36

Solidarités International prend la parole !


La particularité, cette année, c’est que la JME se situe à la jonction entre les OMD 2000-2015 (Objectifs du millénaire pour le développement) et les ODD 2015-2030 (Objectifs de développement durable) et qu’elle vient après toute une série de conférences internationales en 2015 (ODD, COP 21, Addis Abeba, Sendaï) et avant le Sommet humanitaire mondial des 24 et 25 mai à Istanbul.


Les ODD expriment tout à la fois un immense espoir et une grande ambition, celui de mettre fin à la pauvreté dans le monde dans 15 ans, selon les termes même de Mr Ban Ki-moon.

Et, pour ce qui concerne l’eau et l’assainissement (Objectif 6), il ne s’agit pas moins d’aboutir à un accès universel pour tous dans le monde. Et cela alors que la démographie s’envole et que le dérèglement climatique menace le développement et multiplie les risques de catastrophe.

195 Etats ont signés les ODD sous l’égide des Nations-Unies en septembre 2015. Rappelons que les ODD ne sont pas contraignants pour les Etats qui sont les seuls responsables de leur mise en œuvre ! Aussi, notre mission est claire, tout faire pour y parvenir et rappeler aux Etats et aux Nations-Unies leurs engagements et leurs responsabilités.

A l’occasion de la JME 2016, Solidarités International porte plus que jamais ce combat humanitaire contre l’eau insalubre et pour l’accès de tous à l’eau potable et à l’assainissement. Vous trouverez ici le spot de cette campagne, le communiqué de presse et la seconde édition du Baromètre de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement qui comprend un sondage exclusif et des articles signés par des experts avec la contribution de Brice Lalonde associé à ce projet.

Merci de partager largement autour de vous cette campagne de l’eau et de l’assainissement pour la vie pour tous.

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A VENIR. RFI : Emission Géopolitique sur l'eau - dimanche 27 mars à 20h10

>A signaler sur RFI (89 FM) l’émission Géopolitique sur l’eau de Marie-France Chatin à laquelle je participerai aux côtés d'Alexandre Taithe et Franck Galland.
>Ecouter l'émission

17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:31

On peut dire sans conteste que la 3ème Conférence nationale humanitaire (CNH) a réussi son pari avec son programme dédié à la préparation du Sommet humanitaire mondial (SHM) des 23 et 24 mai à Istanbul. Si les médias et les parlementaires étaient rares, la salle quant à elle était pleine avec ses 400 participants tout au long d’une journée dense et bien organisée par le Centre de crise et le soutien du Quai d’Orsay, en lien avec les organisations humanitaires dans le cadre d’un comité de pilotage.

Je ne reviendrai pas ici sur l’ensemble des interventions et des débats dont le compte-rendu ci-dessous est une très bonne synthèse établie par Véronique de Geoffroy du Groupe URD.

En revanche, j’aimerai me concentrer ici d’abord sur plusieurs propos significatifs et ensuite questionner certaines priorités du Sommet d’Istanbul.

En introduction de la CNH, Antoine Gérard, chef du secrétariat du SHM, a particulièrement insisté sur la dimension politique du Sommet afin de mieux prévenir et régler les conflits ainsi que sur les engagements collectifs attendus à Istanbul alors que Philippe Jahshan, président de Coordination Sud, pointait du doigt avec raison le manque d’anticipation des crises par les Etats et leurs responsabilités.

En fin de journée, le commissaire européen en charge de l’humanitaire, Christos Stylianides, a déclaré avec force que nous ne pouvions plus continuer à faire comme d’habitude, ce qui anticipe assurément des changements du côté d’ECHO, tout en annonçant entre autre la création d’un corps médical européen soutenu par la France et l’Allemagne !

Si l’on peut regretter l’absence du ministre des Affaires étrangères, Jean Marc Ayrault, qui était en Ukraine, le nouveau secrétaire d’Etat au développement et à la Francophonie, André Vallini, nous a indiqué que les questions humanitaires constitueraient sa priorité tout en évoquant la nécessité de repenser les critères d’attribution de l’APD pour mobiliser des moyens de développement pour les populations menacées par des crises.

En clôture, j’ai personnellement insisté (vidéo ci-dessous) sur la double nécessité de maintenir une diversité d’acteurs et de bailleurs humanitaires afin de répondre au mieux à une grande diversité de situations, tout en optimisant la coopération, la coordination entre les divers opérateurs humanitaires, avec les acteurs nationaux notamment.

Cela m’a donné l’occasion d’attirer l’attention des participants sur le document publié par 12 ONG humanitaires françaises et Coordination Sud, lors de la CNH et en perspective du SHM, « Les ONG françaises s’engagent et demandent des résultats concrets ».

Et maintenant, en route pour Istanbul !

Je joins ici pour votre information la version française du Rapport du Secrétaire général pour le Sommet mondial sur l’action humanitaire dont je vous invite à prendre connaissance en raison des enjeux qu’il soulève.

Avec vous, j’aimerai simplement engager un débat sur quelques-uns des thèmes principaux du SHM et de ses possibles contradictions. Pour l’essentiel et c’est fondamental, nous sommes tous d’accord sur le fait que le système humanitaire international peine aujourd’hui à répondre aux besoins exponentiels des populations victimes de crise et qu’il n’est plus dimensionné face aux défis à venir. Comme le dit très bien Claus Sorensen, ancien directeur général d’ECHO et conseiller de Jean Claude Juncker à la commission européenne, « Nous sommes en vélo derrière un TGV ! ».

Le Secrétaire général des Nations-Unies, Mr Ban Ki-moon, a défini 5 questions stratégiques dans son rapport pour le SHM. La première contradiction pourrait résider l’opposition entre la nécessité d’une volonté politique plus effective pour prévenir et faire cesser les conflits et le respect des normes humanitaires. Nous sommes nombreux à ressentir que le politique cherche à embarquer l’humanitaire dans sa gestion des conflits et ceci est apparu en particulier lors de la dernière réunion à Bruxelles fin 2015 avec ECHO et ses partenaires.

Or, si les humanitaires doivent bien comprendre l’exercice politique de la responsabilité des Etats face aux crises, ceux-ci doivent respecter les principes humanitaires dont l’application stricte de la neutralité, de l’impartialité et de l’indépendance constituent une des conditions sine qua non pour accéder à toutes les victimes dans des pays en guerre civile.

Ainsi, ECHO ne peut pas permettre le recours à l’humanitaire comme instrument de gestion des conflits pour le compte du Service Européen pour l’action extérieure(SEAE), qui mène la politique étrangère de l’Union Européenne, en contradiction complète avec le Consensus européen pour l’aide humanitaire co-signé par les instances européennes (Conseil, Parlement, Commission), au risque de compromettre la sécurité des humanitaires et l’accès des secours aux victimes !

Seconde contradiction possible. On nous annonce comme une grande avancée l’implication des instances de développement dans les situations de crise et nous l’appelons de nos vœux. Cela fait 20 ans au moins que nous le proposons. Aussi, nous attendons que cette fois-ci soit la bonne et que l’on ne mette pas encore 20 ans à concrétiser d’autres bonnes idées issues du SHM !

Troisième risque à déjouer. Les capacités ne sont manifestement pas à la hauteur des besoins. Alors, même si les ressources financières ne peuvent pas être la seule réponse possible et que nous devons absolument optimiser les ressources existantes, notamment par la rigueur de notre gestion, par les partenariats et la suppression des duplications, il n’empêche qu’il faudra bien augmenter les budgets humanitaires. Ils s’élèvent aujourd’hui à 25 milliards de dollars et la communauté internationale doit mobiliser les ressources additionnelles suffisantes tant cet investissement représente une sorte d’assurance vie mondiale pour les victimes des crises. Le Proche-Orient est là pour témoigner de ce que le manque de ressources financières en 2015 a eu comme conséquences humaines et géopolitiques désastreuses pour tous !

Pour conclure provisoirement.

Le SHM sera le lieu où des propositions pourront s’exprimer et ou des engagements pourront être pris. La difficulté, c’est que si nous avons toutes les raisons de vouloir la réussite de ce Sommet, compte-tenu des enjeux considérables qu’il soulève pour l’humanitaire dans les années à venir, sa réussite dépend de l’ensemble des acteurs et principalement des Nations Unies. Et cela sans que nous sachions ce qu’il en sortira et si cela améliorera significativement la situation humanitaire.

Annexes

>Compte-rendu de la 3ème Conférence nationale humanitaire.
>Vidéo de l’intervention d’Alain Boinet en clôture.
>Document pour le SHM de 12 ONG avec Coordination Sud
>Rapport du Secrétaire général de l’ONU pour le Sommet Humanitaire Mondial. 

17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:11

Livre de Boris Martin.
Editions Charles Léopold Mayer.


Notre ami Boris Martin a été pendant plus de 10 ans le rédacteur en chef de la revue « Humanitaires » publiée par MDM. Autant dire qu’il connait les termes du débat !

Si Boris craint une main mise néolibérale sur l’humanitaire, d’autres s’inquiètent plutôt de la normalisation du système humanitaire et de sa désincarnation. Et surtout, l’humanitaire ne parvient plus à répondre collectivement aux besoins des populations menacées par les crises !

Quel que soit le point de vue, les livres sur l’humanitaire sont rares et il ne faut surtout pas les laisser passer.

Vous pourrez vous procurer « L’adieu à l’humanitaire » en librairie ou sur le site www.lalibrairie.com

Published by Alain Boinet - dans Livres
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