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Les nouveaux risques mondiaux

C’est le titre d’une conférence organisée à Genève il y a quelques mois par Swiss Risk & Care devant un public d’ambassadeurs et de représentants des organisations internationales et d’entreprises. Animée par Bernard Kouchner, cette conférence a abordé des approches très diversifiées des risques avec une dizaine d’intervenants dont Ingrid Betancourt, Jean-François Delfraissy, Luc Ferry. Voilà le texte de mon intervention sur « Risques et défis humanitaires » à la fin duquel vous trouverez un lien avec la synthèse complète de cette Conférence.

 

Risques et défis humanitaires

 

Alors que le nombre des réfugiés et déplacés vient de battre le chiffre record de 65,3 millions dans le monde en 2016, l’aide humanitaire internationale est confrontée à des défis considérables qu’il lui faut relever pour éviter le pire.


Le problème de l’eau
La question de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement est une issue majeure. Aujourd’hui, 3,5 milliards d’êtres humains ne possèdent pas d’accès à l’eau potable. En outre, l’eau insalubre est à l’origine d’une hécatombe silencieuse, touchant 2,6 millions de personnes par an, principalement des enfants de moins de 5 ans. Devant cette urgence humanitaire, 195 Etats se sont engagés aux Nations-Unies à ce que l’ensemble de l’humanité ait accès à l’eau potable d’ici quinze ans dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD 2015-2030). Mais, si depuis l’an 2000 1,6 milliard de personnes ont pu accéder à un point d’eau amélioré, les moyens mobilisés à ce jour ne permettront pas d’atteindre l’objectif ambitieux. Il faut donc mobiliser toutes les ressources nécessaires dans ce but dès maintenant.

 

Le défi de la démographie
Le Burundi comptait, au milieu des années 1990, 10 millions d’habitants (357 au km2) et concentrera, dès 2050, 30 millions de personnes (1071 par km2). Les Burundais vivant principalement de l’élevage et de la culture, le partage des terres ne se fera pas sans conflits, dans un pays ayant lui-même connu la guerre civile entre hutus et tutsis. Anticipant une évolution similaire, Paul Kagame, chef de l’Etat rwandais, a par le passé exprimé une revendication territoriale sur les grands espaces de l’est du Congo, qui pourraient accueillir une population bientôt trop nombreuse dans son pays. Autre exemple probant de l’urgence démographique, le Bangladesh compte aujourd’hui 1100 habitants au km2, qui deviendront 1400 en 2050. Directement liée aux mouvements migratoires mondiaux, à la pauvreté et aux questions identitaires, la démographie représente un des défis de ces prochaines années.

 

L’adaptation au dérèglement climatique
Les températures saisonnières de la région du Sahel ont augmenté de 1,5 à 2 degrés Celsius en seulement quarante ans. Par ailleurs, depuis 2009, 22,5 millions de personnes se sont déplacées chaque année en raison du climat ou de catastrophes météorologiques. Enfin, 16 des 20 plus grandes villes du monde, construites sur le littoral, seront bientôt menacées par la montée des océans. Bien au-delà des considérations académiques, il faut donc penser le dérèglement climatique de façon pratique. Or, la COP 21, qui a beaucoup évoqué la réduction de l’augmentation de la température du globe, n’a pas engagé le travail nécessaire ni les moyens sur les mesures indispensables d’adaptation au dérèglement climatique. Il est urgent de le faire. Les défis humanitaires à venir sont en train de changer d’échelle. Notre responsabilité est de les anticiper pour y répondre.

 

Sortir de l’impasse humanitaire
En 2015, le chiffre record de 65 millions de personnes réfugiées et déplacées dans le monde a été dépassé. Par ailleurs, 93% des gens les plus pauvres vivent actuellement dans un pays en guerre. Le constat est clair : nous ne parvenons plus à répondre aux besoins vitaux de ces populations. Les équipes humanitaires sont, sur le terrain, confrontées à des dangers physiques et à des risques de prise d’otage. La situation est très préoccupante pour les associations, qui ont besoin d’un « espace humanitaire » afin d’agir et secourir les populations en danger. Ainsi, l’organisation Médecins sans frontières a-t-elle dû faire face, l’année dernière, au bombardement de 75 hôpitaux partenaires en Syrie, au Yémen et en Afghanistan. Pour sortir de l’impasse actuelle, il serait nécessaire de doubler les investissements humanitaires mondiaux – qui passeraient ainsi de 25 à 50 milliards. Si le montant semble considérable, il est utile de rappeler qu’il reste très faible en comparaison des transactions financières internationales effectuées chaque jour. L’aide humanitaire internationale est une véritable assurance vie pour des populations en danger plus nombreuses, comme on le voit aujourd’hui au Proche-Orient. Il est du devoir de la communauté internationale de lui apporter les capacités indispensables à cette mission.

 

>Synthèse de la conférence sur les nouveaux risques mondiaux

 

Je vous invite à la Matinale de (re)sources (informations ci-dessous)

 

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Alain Boinet


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