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Mais que fait Alain Boinet en 2017 ?

Certains d’entre vous me demandent ce que je fais maintenant. J’ai jeté un coup d’œil sur ma biographie sur ce blog et j’ai trouvé qu’elle était décalée. Alors, je vais vous raconter une histoire plus actuelle en vous disant ce que je fais aujourd'hui, en 2017.

Le combat pour l’eau potable de Solidarités International.

Fondateur de Solidarités International, salarié, plusieurs missions utiles, motivantes et prenantes m’occupent chaque jour. Il y a d’abord le grand combat humanitaire de l’association pour l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. Car l’eau insalubre est une cause majeure de mortalité, notamment parmi les enfants. Apporter l’eau potable dans les situations de crise, c’est donc sauver des vies. Quand on a commencé en 2005, personne n’en parlait et beaucoup reste à faire.

Aussi, chaque année, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau du 22 mars (JME), nous menons campagne et nous participons tous les 3 ans au Forum Mondial de l’Eau. Nous préparons déjà celui de Brasilia l’année prochaine. Cette année, nous publions pour la JME la 3ème édition de notre « Baromètre de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement » dont l‘idée m’est venue afin d’informer, de partager ce combat et pour accentuer notre pression sur les institutions.

 

Développer l’audience et les fonds privés de l’association.

Mes journées et mes semaines sont également occupées à développer l’audience et les fonds privés de Solidarités International (SI). En écrivant l’éditorial de notre journal et des articles dans le « Baromètre », en signant des lettres d’appel de fonds à nos donateurs, en intervenant dans les médias ou lors de conférences. Depuis trois ans, je me suis mobilisé pour réussir notre dîner de grands donateurs en fin d’année, un beau moment de convivialité et de générosité.

Et puis, il y a une activité multiforme foisonnante avec la coordination des ONG, la concertation avec les pouvoirs publics et les institutions pour influer sur les politiques publiques en France, auprès de l’Union européenne et des Nations unies.

Dans ce but, je suis membre du Conseil d’Administration du Partenariat Français pour l’Eau (PFE) et de celui du Think tank (Re)sources et nous sommes adhérents à SI de Coalition Eau. Durant des années nous nous sommes battus pour qu’il y ait enfin un Objectif eau/assainissement dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) 2015-2030. Maintenant que c’est le cas, l’objectif est de réaliser d’ici 2030 l’engagement pour un accès universel à l’eau potable qui a été pris à l’unanimité des pays membres des Nations unies. Ceci est loin d’être gagné pour les pays pauvres en crise et pourtant, l’objectif des ODD est de ne laisser personne derrière ! A nous d’agir en conséquence.

 

Influer sur les politiques publiques.

La coordination des ONG doit nous apporter la force nécessaire pour peser dans les décisions. Dans cette perspective, avec Xavier Boutin (IECD), je suis président de la Coordination Humanitaire et Développement (CHD) qui regroupe 40 ONG. Et, à ce titre, je suis administrateur et référent humanitaire du Conseil d’Administration de Coordination Sud qui rassemble 160 ONG. Enfin, ma présence au CA de Convergences aide à renforcer les liens et les synergies d’ensemble, notamment lors de son grand Forum début septembre chaque année.

Nous nous coordonnons entre ONG et nous nous concertons avec les pouvoirs publics. Comme 15 autres responsables humanitaires, je suis membre du Groupe de Concertation Humanitaire auprès du ministère des Affaires étrangères et du Développement international via son Centre de crise et de soutien. Comme 50 représentants de la société civile, je suis membre du Conseil National du Développement et de la Solidarité Internationale (CNDSI). Et, avec d’autres membres de Coordination Sud et son président, Philippe Jahshan, je participe à la concertation avec l’Agence Française de Développement (AFD), en particulier sur la mise en place d’un processus organisé de sortie de crise entre l’aide d’urgence humanitaire et le développement. Cela représente des années d’un travail de conviction et de pédagogie ! Mais, ça commence à bouger vraiment !

Les chantiers ne manquent pas. Concertation sur les grandes crises en cours (Syrie, Irak, Mali, famine, catastrophe soudaine,…), augmentation du budget humanitaire de la France, mise en place d’un mécanisme et du financement du processus urgence-reconstruction-développement, suivi du 1er Sommet Humanitaire Mondial, révision de la Stratégie humanitaire de la France en 2017, préparation de la 4ème Conférence Nationale Humanitaire en 2018 et bien d’autres sujets.

Ces coordinations sont aussi actives en direction de la Commission européenne et surtout d’ECHO (direction de l’aide humanitaire et de la protection civile), avec les Nations unies et ses Agences, par le relais des coordinations spécifiques d’ONG comme VOICE à Bruxelles ou ICVA à Genève et New York. Nous préparons la réunion annuelle avec ECHO, et nous agissons quand cela est nécessaire auprès du parlement européen. Nous avons ainsi préparé le 1er Sommet Humanitaire Mondial en mai 2016 à Istanbul en contact avec l’ONU à Genève et New-York.

 

Ma mission avec Solidarités International pour la cause humanitaire.

Je dois ici souligner que cette action de coordination, de concertation et d’influence que je mène pour la communauté humanitaire est soutenue par Solidarités International (SI). Cette action est menée de concert avec le Conseil d’Administration de l’association, son président Edouard Lagourgue et Jean-Yves Troy, le directeur général.

En effet, si des ONG portent des plaidoyers spécifiques (mines, handicapés, faim, accès aux médicaments, …), Solidarités International porte le combat pour l’eau et l’assainissement, mais également, et ceci est moins connu, le combat pour l’action humanitaire et notamment pour un accroissement des financements publics aux ONG, aujourd’hui ridiculement faibles en France, pour la mise en place d’un processus de synergie entre les phases d’urgence, de reconstruction puis de développement. Une conviction qui m’anime depuis plus de 20 ans.

Mon action, comme beaucoup peuvent en témoigner, ne date pas d’hier. Elle s’est particulièrement manifestée lorsque j’ai réalisé avec Benoit Miribel, directeur général de la Fondation Mérieux, à la demande du ministre des Affaires étrangères, notre rapport « Analyses et propositions sur l’action humanitaire dans les situations de crise et post-crise » remis à Bernard Kouchner en mars 2010.

Ce rapport a constitué un tournant dans l’évolution des relations entre les ONG humanitaires et les pouvoirs publics en France. C’est à partir de nos propositions, qui ont été validées par Alain Juppé puis par Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault, que nous voulons continuer de construire une action humanitaire à la hauteur des défis immenses qui sont là et qui vont croissants.

Voilà en résumé en quoi consiste mon quotidien. Et, pour conclure momentanément, je propose de vous tenir régulièrement informés de ces activités tout au long de l’année 2017. Année qui a commencé pour ce blog « Défis Humanitaires » par une nouvelle maquette plus interactive et qui est complétée aujourd’hui par une page Facebook. Vos remarques et vos suggestions sont les bienvenues. Merci et à bientôt.

 

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Alain Boinet


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