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Entretien avec Claus Sorensen

A l’occasion du 20ème anniversaire d’ECHO, voici mon entretien sur l’aide humanitaire de la Commission Européenne, avec Claus Sorensen, son directeur général.
 

entretien-boinet-sorensenECHO fête cette année son 20ème anniversaire et je vous remercie d’avoir accepté cette rencontre pour dialoguer sur l’aide humanitaire. Je saisis ici l’occasion pour souligner que « Solidarités International », avec d’autres acteurs humanitaires, s’honorent d’avoir activement milité auprès des décideurs politiques il y une trentaine d’année pour que la Commission Européenne, les États, l’ONU financent enfin l’aide humanitaire sans visas ni frontières pour les populations en danger où qu’elles se trouvent.

Selon nous cette aide financière institutionnelle est vraiment humanitaire dès lors qu’elle répond aux critères de respect de l’indépendance des ONG au service de l’impartialité de l’aide délivrée sur la seule base des besoins vitaux. Soulignons aussi que la création d’ECHO, il y a 20 ans, a apporté non seulement une reconnaissance aux acteurs humanitaires que nous sommes, mais également des ressources humanitaires supplémentaires significatives destinées à secourir les populations en danger.

Claus Sorensen, 20 ans après, quel bilan faites-vous et quelles perspectives d’action envisagez-vous pour le moyen et long terme ?


Claus Sorensen : ECHO a été créé en 1992 pour exprimer la solidarité européenne avec les populations en danger partout dans le monde. Au cours de ses 20 années d’existence, il a alloué 14 milliards d’euros d’aide humanitaire aux victimes de conflits et de catastrophes dans 140 pays à travers le monde et aujourd’hui les États membres et les institutions européennes fournissent plus de la moitié de l’aide humanitaire mondiale. L’assistance humanitaire européenne repose sur les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance. Elle est fournie sans tenir compte des programmes politiques et vise à aider ceux qui en ont un besoin urgent. Lorsqu’une catastrophe ou un conflit survient, l’aide doit parvenir rapidement pour répondre aux besoins de base des victimes et préserver leur dignité. Aider les populations les plus vulnérables dans les situations de crise est un impératif moral.

 

Il est vrai qu’il existait une aide humanitaire avant la création d’ECHO et nous saluons le rôle majeur joué par ces acteurs humanitaires dans l’évolution de l’aide dans le monde. Nous sommes aussi très fiers de ce que nous apportons aujourd’hui en plus avec ECHO et en partenariat avec les ONG humanitaires, la famille Croix et Croissant Rouge et les Agences des Nations Unies.

 

Je voudrais ici insister sur la question de l’accès de l’aide humanitaire aux populations des crises oubliées. En effet, les médias jouent un rôle important dans l’information et la mobilisation de l’opinion publique et des décideurs dans les situations de crise. Mais, n’oublions pas qu’il y a un certain nombre d’ entre elles qui leur échappent et qu’on appelle alors les crises oubliées.

 

Je pourrai prendre l’exemple de la Colombie avec la guérilla des FARC, ses nombreuses populations déplacées dans des zones parfois difficiles d’accès, qu’elles soient montagneuses ou en forêt et pour lesquelles nous fournissons une aide suivie depuis longtemps malgré l’absence de toute médiatisation. Je citerai aussi le cas dramatique des populations Rohingyas qui se trouvent à cheval sur la frontière entre le Bengladesh et le Myanmar. Voilà un peuple harcelé et poursuivi en faveur duquel les Européens- par le biais d’ECHO, sont l’un des rares donateurs. Nous sommes là pour témoigner du fait qu’ils sont pourchassés et abattus. Nous essayons de subvenir à leurs besoins, tout en menant aussi un dialogue politique très fort avec le gouvernement du Myanmar qui même s’il tend à devenir plus démocratique a tendance à oublier qu’il y a d’autres problèmes et qu’il faut encore plus maintenant qu’ils sont plus ouverts, respecter les droits fondamentaux des êtres humains. Ce ne sont là que deux exemples mais je pourrais en citer bien d’autres.

 

>Lire l’intégralité de l’entretien publié sur Grotius International

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Alain Boinet


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